Retour sur l’intervention à l’ENSM

Le 13 novembre 2025, le Réseau Numérique du Service Public de Formation (RNSPF) est intervenu à l’École Nationale des Sports de Montagne (ENSM), à la demande de son département formation, pour une intervention de 3h consacrée aux liens entre technologies numériques et pratiques pédagogiques.

Cette matinée de travail s’adressait aux formateurs des filières ski, canyon et parapente, avec un objectif clair : dépasser le discours général sur le numérique pour entrer dans des cas d’usages concrets, directement transférables dans les dispositifs de formation.

Une intervention à deux voix, en présentiel et à distance

L’intervention était animée par :

  • Olivier Lerouge, formateur au CREPS de Montpellier – Font Romeu et membre de l’ETN du RNSPF,
    présent sur site à l’ENSM
  • Arnaud Gadbin, formateur au CREPS des Pays de la Loire et membre de l’ETN du RNSPF,
    intervenant à distance en visioconférence

Ce format hybride a permis d’illustrer, dès l’organisation même de l’intervention, les enjeux et intérêts des dispositifs à distance et synchrones.


1. Des technologies au service de la pédagogie (et non l’inverse)

La première séquence a posé un cadre volontairement clair : le numérique n’a pas de valeur pédagogique en soi.

Les outils ne prennent du sens que s’ils répondent à des objectifs de formation identifiés, à des contraintes de terrain réelles (dispersion géographique, disponibilité des stagiaires, saisonnalité des métiers) et à des choix pédagogiques assumés.

Cette entrée en matière a permis de replacer la réflexion non pas sur “quels outils utiliser”, mais sur quels problèmes pédagogiques résoudre.


2. Retours d’expériences : trois axes structurants

La deuxième partie s’est appuyée sur des retours d’expériences concrets, issus de contextes très différents mais complémentaires.

Hybridation d’un DEJEPS : l’exemple du Tennis de Table

Arnaud Gadbin a présenté l’hybridation du DEJEPS Tennis de Table au CREPS des Pays de la Loire :

  • articulation entre présentiel, distanciel et travail autonome
  • scénarisation des parcours
  • rôle central de l’animation pédagogique, y compris à distance
  • la plateforme de formation et les outils mobilisés

L’accent a été mis sur les choix opérés, les ajustements nécessaires et les limites rencontrées, loin d’une vision idéalisée de l’hybridation.

Temps synchrones et classes inversées

Un second axe a porté sur l’animation des temps synchrones (visioconférences pédagogiques) et l’intérêt des classes inversées :

  • préparer les temps à distance en amont
  • recentrer le synchrone sur l’échange, l’analyse et la régulation
  • éviter les visioconférences descendantes peu engageantes
  • profiter des outils proposés par les plateformes de visioconférence (tableau blanc interactif, groupe, partage d’écran, enregistrement, etc…)
Déployer une offre tout à distance : l’exemple des “Mémentos”

Enfin, Olivier Lerouge a présenté le déploiement d’une offre de formation continue 100 % à distance, à travers les formations proposées par l’équipe des Mémentos du CREPS de Montpellier – Font Romeu.

Ce retour a permis d’aborder :

  • la conception de parcours courts et ciblés
  • la production de ressources pédagogiques
  • les modalités d’accompagnement et d’animation, souvent sous-estimées dans les dispositifs à distance.
  • la structure de la plateforme de formation et les outils mobilisés
  • les outils utilisés pour suivre les activités, animer, relancer, évaluer, valider, etc…
  • les badges de compétence

3. L’impact des intelligences artificielles génératives (IAG)

La dernière séquence était consacrée aux intelligences artificielles génératives, avec une approche pragmatique, sans discours techno-solutionniste.

Plusieurs cas d’usages concrets ont été présentés autour de :

  • la scénarisation pédagogique
  • la production de contenus (textes, supports, quiz)
  • l’animation pédagogique, notamment via des chatbots pédagogiques
  • l’aide au développement et à l’ingénierie des formations à distance

Différents outils ont été « présentés », parmi lesquels :
ChatGPT, Mistral, Nolej, NotebookLM et Perplexity, avec un focus sur leurs apports mais aussi leurs limites et les points de vigilance (données, posture du formateur, risque de dépendance aux outils).


Des échanges riches… mais un temps trop contraint

Avec Arnaud, nous avons été trop ambitieux (Etonnant !)… Des travaux de groupe et des études de cas étaient prévus afin de proposer aux participants de travailler sur des situations concrètes en lien avec leurs préoccupations de terrain.
Faute de temps, ces activités n’ont pu être menées comme envisagé.

Une demi-journée supplémentaire aurait été nécessaire pour permettre aux formateurs de s’approprier réellement les outils et démarches présentées, au-delà de la découverte et des échanges.


Conclusion

Cette intervention à l’ENSM a permis de poser des bases autour des usages du numérique en formation.

Elle a confirmé l’intérêt des équipes de formateurs pour :

  • des approches raisonnées du numérique,
  • des retours d’expériences concrets,
  • et une réflexion approfondie sur l’impact actuel et à venir des IAG dans les dispositifs de formation.

Le RNSPF poursuivra ces temps d’échanges et de capitalisation, au service des acteurs du service public de formation, avec une exigence constante : mettre la pédagogie avant les outils.

A suivre